2000 km à pied à travers l’arc alpin.

L’auteur a emprunté le plus long sentier de randonnée d’Europe, traversé huit pays : Slovénie, Autriche, Allemagne, Liechtenstein, Suisse, France, Italie, Monaco, en 116 étapes et 120 000 mètres de dénivelé. Mais il le dit, et c’est ce qui m’est apparu d’une extrême importance, au-delà de l’exploit sportif, « Il raconte une transformation intérieure, lente et délicate. » Il s’agit de se retrouver, de se modifier, d’aller vers un avenir autre, de retrouver la lenteur, de se confronter à la solitude.

Un livre sublime.

Tout est sublime dans ce livre : les photos que j’ai regardées à l’infini, mais aussi l’écriture et les passages en exergue. Le texte ne s’avale pas, loin de là. Il se savoure, se lit lentement et se relit. Les mots, très forts, sont une confession qui prend aux tripes, une histoire intime qui émeut, un récit de réparation qui laisse admiratif. Du 21 juin au 13 septembre, Patrice Ponza va marcher, écrire, renaître car « marcher seul, c’est marcher libre. Libre d’écrire des mots doux sur les pages sombres de sa vie. »

Un hymne à la nature et à l’intime.

Véritable hymne à la nature et à l’intime, « Via Alpina » symbolise parfaitement les dénivelés du chemin tout autant que les « up and down » de l’être humain. S’attaquer aux difficultés du terrain c’est aussi se confronter à ses propres douleurs car« Marcher c’est aller au cœur de soi-même et le cœur de soi-même est toujours un peu plus loin. » selon les mots empruntés au poète disparu, Alain Cadéo.

« Sur la Via Alpina, je me réjouis de presque rien, une source, un nuage, un coin d’ombre. » écrit Patrice Ponza. Et moi, je me suis réjouie de tout, de ses mots, de son humilité, de son regard sur la montagne, les fleurs, la neige et le ciel.

En un mot : j’ai adoré « faire » la Via Alpina.