Des vacances en Toscane. Années 60.

Ce récit est l’histoire de Paul, le grand-père de l’auteur, professeur d’italien à Nice qui décide d’emmener sa femme et leurs filles en Toscane. Ils arrivent dans une pension de famille qui propose également les repas du soir. La cuisine, typiquement italienne, est l’œuvre de Sandro, un homme plutôt attirant et bourré de talent. Un simple regard et la vie de Paul et des siens s’en trouve à jamais bouleversée. Nous sommes alors dans les années 60. Cette escapade estivale sera un secret de famille longtemps gardé.

Des années plus tard.

Des années après, le narrateur (qui n’est autre que l’auteur) se rend en Italie pour tenter de découvrir, rassembler les bribes, comprendre. Mais qui était réellement ce Paul, son grand-père ? Le récit passionnant, émouvant, solaire – comme stipulé sur la quatrième de couverture – et le suspense obligent à tourner les pages. Le cœur se serre, mais le sourire affleure aussi. La Toscane, personnage à part entière, est magnifiée.

Une écriture remarquable.

On y découvre une merveille d’écriture qui porte en elle toute la sensibilité de Philippe Besson, raconte les difficultés de choisir sa vie mais aussi l’intimité, les doutes, la tristesse et la douleur sans oublier beaucoup de douceur. Elle enchante les paysages, nous fait aimer les personnages, tous superbement mis en lumière et particulièrement touchants.  Et si je ne devais garder qu’un seul passage du récit, ce serait celui-ci : « …sois toi-même, ne triche pas, ne t’oblige pas à faire ce qu’on attend de toi pour plaire aux autres, emprunte ton propre chemin, va au bout de tes envies, sinon c’est elles qui viendront à bout de toi. » Ces paroles, ce sont celles que Paul adresse à son filleul Samuel le jour de ses dix-huit ans. Elles disent tout du combat que lui a dû mener pour être lui-même.

« Une pension en Italie », un roman autofictionnel mais à portée universelle et bouleversant tant il porte en lui la difficulté, parfois, à accepter d’être tout simplement soi-même.