Chroniques Littéraires

Une fille sans histoire – Constance RIVIERE

Une fille sans histoire – Constance RIVIERE

Avis : ★★★★

13 novembre 2015, qui ne se souvient de cette date, qui n’a encore en tête les images véhiculées, ce jour-là et les jours d’après, par les media ? Ce n’est pas tant cette soirée, ni les horreurs vécues, mais surtout la suite que Constance Rivière nous fait revivre dans son premier roman « Une fille sans histoire ».

« … elle finit par cracher ce mot, nécessaire mais qui la dégoûte, elle finit par le dire, dans un souffle qui lui semble un cri, « pardon », elle le répète plusieurs fois, pardon, pardon, pardon,…les larmes viennent avec, elle pleure pour la première fois… La sentence peut tomber. Douze mois, dont six avec sursis. »

Je n’ai pas lu la quatrième de couverture et pourtant, je comprends, j’imagine. C’est l’histoire d’Adèle, une fille que l’on regarde peu, qui passe inaperçue. Ce soir-là, elle est assise à sa fenêtre essayant de deviner les vies derrière celles qu’elle observe. Des bruits, des cris, un attentat vont tout changer. Et quand elle voit à la télé le visage de Matteo, un étudiant porté disparu, client du bar dans lequel elle travaillait, elle s’invente une vie, part à sa recherche. Elle devient sa petite amie…

L’auteure nous raconte une imposture, une envie d’exister, de paraître dans les media, de se venger inconsciemment de sa solitude et de sa transparence. Elle décortique avec beaucoup de finesse, l’art du mensonge et de ses conséquences, cette impossibilité de revenir en arrière et cet enfoncement dans le déni. Elle dissèque avec subtilité les sentiments de chacun des personnages, nous les rendant tous attachants, y compris le plus sombre. Elle réussit superbement à expliquer la difficulté du deuil et celle d’être une victime.

Le roman est parfaitement construit qui à la fois expose les faits et donne la parole à chacun des protagonistes.  L’écriture sert à merveille le récit, se met en retrait par sa simplicité, se fait presque oublier pour laisser le rôle principal à l’empathie que j’ai ressentie tout au long de cette lecture, l’empathie de l’auteure qu’elle nous transmet avec beaucoup de doigté.

« Une fille sans histoire » est de ces romans qui, subrepticement, sans ostentation, avec beaucoup d’élégance et de subtilité parviennent à vous emporter. Un très beau premier roman.

Editeur : Stock
Date de Parution : 20 Août 2019
Nombre de pages : 144

Ce livre a été lu dans le cadre de la sélection de l’association « Les 68 Premières Fois » – Rentrée littéraire 2019.

 

 

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