Un roman qui m’a emportée au fil des pages.
Il est pour moi deux sortes d’ouvrages : ceux qui m’emportent dès la première phrase et ceux auxquels je m’acclimate lentement mais de manière profonde. « Un conte de fées » fait partie de la seconde catégorie. C’est l’histoire d’Aurore, jeune orpheline, étudiante brillante tombée sous le charme puis l’emprise de son professeur de lettres. Je ne dévoile rien puisque dès le prologue on peut lire « Voilà ce que j’ai écrit, il y a dix ans jour pour jour. Je vous préviens. C’est une histoire d’amour-poison, toxique, d’astre ardent et magnétique, d’une jeune femme qui se brûle les ailes, se cogne contre les barreaux de sa prison dorée. »
Le journal d’une âme désenchantée.
Plus que d’un roman il s’agit d’un journal, celui qu’Aurore écrit en cachette au jour le jour, celui dans lequel elle relate ses heurs et surtout malheurs. Car le problème est là et il est vraisemblable que nombre de femmes se reconnaîtront. D’abord ce fut l’amour, le grand, et très vite l’horreur, les humiliations, les interdictions, les obligations, les violations de corps et de liberté. Les enfants sont arrivés et il était trop tard. Partir ? Mais où ? Avec quoi ? Le cheminement est long pour retrouver sa vie, le sourire. Tout est disséqué et l’auteure étudie minutieusement et précisément les rouages de cette descente aux enfers déguisée en histoire merveilleuse. Et, comme je l’ai déjà évoqué plus haut, la qualité de l’écriture, toute en délicatesse et discrétion, laisse affleurer toute l’importance des mots et donne force au texte.
Ce récit est dur et pourtant addictif. Je l’ai lu d’une traite, de plus en plus happée malgré les frissons, le ventre noué, poussée par l’espoir d’une fin malgré tout heureuse comme dans…un conte de fées.
Editeur : Flammarion
Date de Parution : 4 Mars 2026
Nombre de pages : 240
Roman lu en préparation d’une rencontre avec l’auteure
organisée par l’association » Alors Raconte » à Annecy .
















