Quand un rendez-vous, d’une importance capitale, est annulé.
Et, « On allait [l’] écouter. Point à la ligne. Parce que [son] histoire, tu vois, elle est, sans en rajouter, horrible. » Sauf que…le rendez-vous est annulé… et voilà, à ce moment, elle a pensé qu’elle allait tuer le vieux. L’écriture est urgence, elle est souffrance, rapidité, sécheresse, précision, crudité. Elle court, elle vole, elle percute, elle coupe le souffle. L’espace d’un instant, elle se fait plus tranquille et repart de plus belle. Et je l’ai suivie. Car c’est elle qui mène la danse, même si, pour ce qui me concerne et pour reprendre une expression consacrée, ce n’est pas vraiment « ma tasse de thé ».
Une langue d’une immense valeur.
Cette langue donne tout son sens, toute sa valeur à ces horreurs commises par un grand-père sur sa petite-fille de huit ans. Il lui en a fallu du temps pour mettre des mots sur les actes parce que « À [son] époque, on n’en parlait pas, à [son] époque, on ne savait pas. Je les vois les petits gros…mais surtout je me demande, combien d’entre eux se sont fait maltraiter ? » Car oui, comme l’auteure l’écrit, il faut l’avoir vécu pour « …discerner dans le noir les enfants grandis qui brillent un peu trop fort, ceux qui gueulent en silence. »
Un voyage au fond de l’intime
« Tuer le vieux » est un voyage au plus profond de l’intime qui bouscule et porte à l’admiration. Car il me semble qu’il en faut du courage pour ainsi s’ouvrir aux autres et peut-être permettre à d’autres de se reconnaître dans un tel récit.
Puis-je dire que j’ai aimé de roman ? Difficile d’aimer lire la souffrance et l’horreur. Mais à travers le récit personnel de Daria Marx, je salue sa portée universelle.
Editeur : Flammarion
Date de Parution : 19 Août 2026
Nombre de pages : 160
Un grand merci aux Editions Flammarion pour cette lecture en avant-première.
















