Une sorte de conte horrible.

Le début se lit à la manière d’un conte horrible, les yeux écarquillés et l’estomac retourné. Pensez donc ! Adrienne, 4 ans, est envoyée en vacances pour deux mois chez sa « Bonne Maman de Gand » et ça commence plutôt mal : « Elle la jeta sur une chaise, face à la table, où l’attendaient un bol de café au lait et une assiette de harengs au vinaigre. » Heureusement, malgré son âge, Adrienne a de la ressource. Une cuillère en bois qu’elle baptise « Maizéna », et le chat Pneu de Bonne-Maman de Gand seront des dérivatifs à ces deux mois de « vacances » proches de l’enfer. Sans oublier sa formule magique : « Tant mieux ».

Une dernière partie magistrale.

Je ne parlerai pas de la dernière partie, absolument magistrale. Le récit, tout en pudeur, en est d’autant plus touchant, émouvant, poignant, désarmant, en un mot puissant. Il se lit entre sourire, parfois, et gorge nouée, souvent. L’auteure s’y dévoile comme jamais. Son écriture, toujours aussi particulière, est d’une beauté transcendée par la simplicité. « Elle aimait scandaleusement sa vie. Peu lui importait que sa mère soit folle, son père étrange et ses sœurs fragiles….Retombée en enfance, elle avait alors quatre ans…Sur son visage halluciné, je voyais défiler l’horreur éprouvée au cours de ces deux mois de torture ». Et les nombreux dialogues donnent vie au texte.

Amélie Nothomb est une auteure que j’aime, inutile de le cacher. D’elle je n’ai pas tout lu. D’elle je n’ai pas tout aimé sans réserve. Mais d’elle j’ai adoré « Tant mieux », à mes yeux le meilleur que j’ai lu d’elle .

Oui, un très beau roman, un magnifique hommage de l’auteure à sa mère