Une héroïne : Jess, seize ans.

Son héroïne, c’est Jess, seize ans, dotée d’une mère incapable de tendresse et parfois même violente, d’un père parti depuis longtemps, et d’un amoureux qui la livre à des horreurs indicibles. Un jour, elle range des affaires dans un sac et prend la route. Ainsi va être sa vie, faite de vagabondages, de rencontres, de pauses et de nouveaux départs. Le roman peut paraître noir et pourtant il porte en lui une douceur et une immense luminosité. Il porte surtout l’obstination de cette jeune fille qui jamais ne renonce, jamais ne baisse les bras.

Entre ténèbres et lumière.

Elle rencontre Nina qui l’encourage, l’héberge, lui trouve du travail, jusqu’au jour où… Tout n’est pas rose, mais à chaque fois, après les ténèbres, la lumière renaît. Patrice Gain nous entraîne à la suite de son personnage, qui sait être violente elle aussi, mais malgré tout reste une enfant qui croit encore en l’autre. Puis arrive l’amour, le vrai, le fort, et la petite Lily, enfant différente mais tellement lumineuse.

Un décor majestueux.

Je n’oublie pas le talent de l’auteur pour décrire le décor, les Gorges de l’Ardèche, l’orage qui foudroie les montagnes, la neige qui empêche d’avancer. Son écriture magique transcende les paysages « Depuis le sommet des falaises peuplées de buis odorants, on se laissait glisser dans l’abîme sur un fil. Les parois gris tendre tombaient d’un jet jusqu’aux eaux émeraude du Verdon. »

« Seules les rivières » est un roman d’une intensité époustouflante qui m’a bouleversée et tenue en haleine du début à la fin.