Chroniques Littéraires

Qui a tué l’homme-homard ? – J.M. ERRE

Qui a tué l’homme-homard ? – J.M. ERRE

 Avis : ★★★★★

En lisant « Le mystère Sherlock », offert par une amie lectrice, je suis tombée dans un chaudron de potion magique à la sauce J.M. Erre et j’en suis devenue accro.

Car c’est bien d’une potion magique que l’auteur nous régale à la parution de chacun de ses romans et le tout dernier ne déroge pas à la recette. « Qui a tué l’homme-homard ? » possède toutes les qualités de ses frères aînés et même plus, dirais-je.

Le romancier n’a pas son pareil pour mélanger épices et herbes qui transforment un simple ouvrage en véritable livre gastronomique. La preuve, il est question de homard dans le titre. Bon, je vous l’accorde, c’est une image. L’homme-homard, je peux vous le dire puisqu’on l’apprend dès les premières pages, doit son nom à une difformité, une « ectrodactylie », maladie génétique qui entraîne l’absence d’un ou plusieurs doigts et donne ainsi à la main la forme d’une pince. L’homme-homard, c’est Joseph Zimm et c’est le premier personnage retrouvé mort et découpé en morceaux dans un petit village de Lozère, Margoujols.

Un mort, et même plusieurs, Pascalini, adjudant de gendarmerie, son second Babiloune venus pour enquêter et Julie, la narratrice, tétraplégique clouée dans un fauteuil électrique, voilà pour les personnages principaux. Je vous laisse découvrir les secondaires, encore qu’ils ne le sont pas particulièrement. Mon propos n’est pas de vous raconter l’histoire, ce serait trop dommage. L’auteur le fait tellement bien.

Ce roman est totalement atypique, décalé, déjanté : policier certes puisque crimes il y a, enquête, rebondissements, suspects et coupable aussi. Mais comme je l’écrivais plus haut, le tout est assaisonné à la mode Erre et, si ce n’est pas obligatoirement académique, c’est sacrément fameux. On passe sans coup férir du rire aux larmes, de la recherche d’un coupable à une réflexion poussée sur les migrants et autres sujets d’actualité. Il est même question des profs remplaçants : « … on les trouve toujours moins bien que l’enseignant parti en arrêt maladie, qu’on n’aimait pourtant pas tellement mais auquel on était habitué. » Monsieur Erre sait de quoi il parle. Et des blogueuses – c’est risqué pour un auteur, de telles prises de position – « … abonnées à Biba, amatrices de thé vert, shampoing bio et SWAP beauté ».

Et, ceriseS sur le gâteau, qui expliqueNT mon « et même plus » du premier paragraphe : l’auteur nous fait découvrir les affres du romancier. Il nous explique par le menu la manière dont il construit son ouvrage, prend le point de vue du lecteur, réfléchit à l’intrigue, garde le rythme en découpant correctement les chapitres. Par ailleurs, en choisissant pour narratrice une jeune femme en fauteuil il permet un  focus intéressant sur le handicap mis en beauté par la légèreté des propos. Je ne parle pas de l’écriture d’un grand niveau. Il m’eût fallu un cahier grand format d’au moins 150 pages pour recopier l’ensemble des formules que je souhaiterais conserver. Autant relire le récit.

Est-il utile de vous dire que j’ai adoré ce roman ?

Je remercie vivement Babelio et les Editions Buchet-Chastel qui m’ont proposé la lecture en avant-première de ce roman.

Editeur : Buchet-Chastel
Date de Parution : 7 Février 2019
Nombre de pages : 368

 

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