Des petites histoires, un peu de solitude et des malentendus.

S’agissant du fond, il est évident que je n’ai pas apprécié de la même manière chacune de ces petites histoires. Je crois que celle qui a ma préférence est « A la bonne heure », l’histoire de ce conducteur de tram, tombé amoureux d’une passagère toujours en retard, mais qu’il attend toujours. Il aimerait qu’elle lui dise autre chose que son sempiternel « Merci, Merci »… Oui, mais voilà, l’échange s’arrête là jusqu’au jour où… Il y a dans ce petit récit beaucoup de tristesse, d’amour frustré, d’incompréhension, en quelque sorte un grand malentendu. « Le salon de thé » est aussi très touchant qui parle de souvenirs, de la fiabilité de ce que l’on a vécu des années auparavant. Et la petite histoire d’à peine deux pages, « En double file », encore une immense erreur, une histoire de confusion, d’agression de la mauvaise personne, c’est court mais dense et extrêmement touchant. Et je ne parle pas de « Je l’aime à mourir », si belle parce que si triste, si triste et pourtant si belle. Et toutes les autres, chacune avec ce petit quelque chose qui en fait une grande histoire…

Une simple et très belle écriture.

L’écriture est dans la plus pure lignée de ces très belles éditions Quadrature. Une écriture discrètement travaillée, simple et belle. Pas de grandes phrases mais des mots justes et parfaitement choisis. « Il a stoppé son tram au carrefour. Il attend que le petit triangle lumineux l’autorise à passer… Il la voit toute affairée chez le boulanger, au milieu des gâteaux et des viennoiseries. » On imagine la scène. J’aime beaucoup ces instants de vie, pris sur le vif, des vies normales, précises, des moments du quotidien superbement mis en scène.

Lire ces nouvelles c’est découvrir des personnages communs, certes, mais dotés de sentiments amoureux, de regrets, des personnages qui se souviennent ou…pas, qui aiment, qui détestent… la vie, quoi ! Et j’adore.