Chroniques Littéraires

Nous nous sommes tant aimés – Mona AZZAM

Nous nous sommes tant aimés – Mona AZZAM

Avis : ★★★★★

Si, aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années, comme le soulignait Rodrigue dans le Cid, il semblerait que, pour un roman réussi, elle ne dépende pas de la longueur du récit. Et, « Nous nous sommes tant aimés », le dernier roman de Mona Azzam, en est à mes yeux le parfait exemple.

Il lui aura suffi de quatre-vingt-cinq pages aérées pour m’emporter et me ravir en un petit moment trop rapide, relecture de certains passages comprise. Il faut dire que la couverture déjà est tout un symbole, « Le Flore ». Qui ne rêverait de rencontrer l’amour dans un lieu aussi mythique ? A peine Océane y est-elle entrée, en ce 10 mai 1981, jour de ses dix-huit ans, qu’elle y succombe

« Mon regard plonge dans un univers vert émeraude, qui me tient en captivité. Une chaleur soudaine m’envahit et ma main s’électrifie au contact de sa paume qui s’y attarde… »,

elle vient de rencontrer Emmanuel… Et l’amour ! Un amour fou, éternel, et pourtant fait d’absence. Un simple « Je t’aime » griffonné sur un papier signe très vite le glas de cette relation. Océane quitte Paris…Banale à première vue qu’une énième histoire d’amour, et pourtant…

Plus qu’un roman, j’ai eu l’impression de lire un poème, un hymne au sentiment le plus noble de l’Homme. La beauté du texte tient avant tout à l’écriture, magnifiquement maîtrisée, poétique, vive, saccadée, répétitive. Les répétitions, venons-en, loin de m’agacer, ont résonné en moi comme un écho, m’ont bercée, enveloppée :  

« Et de te dire la douleur de l’attente, te dire et redire l’amour en profondeur. J’ai envie de te dire, Océane, ce que je n’ai pas eu le temps de te dire. »

Les figures de style sont nombreuses qui donnent corps au texte, les références littéraires aussi. Et rien de mieux qu’une lecture à voix haute pour transcender les mots parfaitement orchestrés, le rythme et les rimes.

« Acta est fabula : le rideau se referme sur la scène du Flore où s’est joué le théâtre de nos jours.

Acta est fabula : je contemple les dernières images qui me restent de nous deux, dualité complexe, corps unis et désunis, envers et contre tout.

Et de ces images, je n’en retiens qu’une, celle de nos dernières retrouvailles. »

Un roman tant aimé à lire et relire, qui confirme la tendresse toujours plus grande que je voue aux auteurs des Editions La Trace sans oublier la très jolie préface – lue après le roman – de Christophe Maris.

Editeur : La Trace
Date de Parution : 16 Septembre 2019
Nombre de pages : 84

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