Chroniques Littéraires

L’homme qui n’aimait plus les chats – Isabelle AUPY

L’homme qui n’aimait plus les chats – Isabelle AUPY

Avis : ★★★★

Il est des romans « coup de foudre » où la toute première phrase vous emporte et pour toujours. Il en est d’autres pour lesquels il faut attendre, attendre que la magie opère. Ce fut le cas pour « L’homme qui n’aimait plus les chats », le premier roman d’Isabelle Aupy, premier roman écrit mais aussi premier roman publié par les toutes nouvelles Editions du Panseur.

« Imagine une île avec des chats. Des domestiqués, des pantouflards et des errants, qui se baladent un peu chez l’un, un peu chez l’autre, pas faciles à apprivoiser, mais qui aiment bien se laisser caresser de temps en temps. »

Une île avec des chats, non, à part l’île de Man, je ne voyais pas bien. Pourtant au fil des pages de ce petit, tout petit livre, le charme s’est invité. Lorsque les chats disparaissent de l’île, décor de ce roman, la vie des habitants s’en trouve changée. Les bonnes âmes du continent tentent d’y remédier en y important des chiens qu’ils appellent… chats.

C’est une véritable fable que nous conte l’auteure, où la philosophie le dispute à la poésie. L’écriture pour simple qu’elle soit est d’une grande beauté et traduit à merveille les sentiments de chacun des personnages. La mer est présente, certes, mais l’essentiel est ailleurs, il est dans la parabole que représente cette histoire de chats remplacés par des chiens. Une histoire aux accents légers qui petit à petit laissent transparaître la profondeur du propos.

Dès lors, tout est image, métaphore.

Les chiens appelés chats sont le reflet de ce que l’on veut nous faire croire, des besoins que l’on nous crée, des choses que l’on nous impose au motif qu’elles nous sont indispensables. L’auteure subrepticement nous appelle à la vigilance, un mot peut changer tellement de choses. Et mieux vaut appeler un chat, un chat. Malgré tout, dotée d’un certain optimisme, elle s’appuie sur le narrateur prêt à en découdre pour tenir le cap et ne pas se laisser aller à des querelles de clocher manigancées par l’extérieur. Que ne suis-je encore enseignante pour proposer l’étude de ce roman à mes élèves, les faire réfléchir à travers lui à la notion de choix et de libre arbitre.

Un roman d’une grande puissance sous des airs de légèreté féline.

J’ajoute un bon point supplémentaire pour la couverture à la fois sobre et travaillée en creux. Une belle réussite.

Editions : Le Panseur
Date de parution : 16 Mars 2019
Nombre de pages : 128

Ce livre a été lu dans le cadre de la sélection de l’association « Les 68 Premières Fois » – Rentrée littéraire 2019.

 

 

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