Chroniques Littéraires

Les Petits Garçons – Théodore BOURDEAU

Les Petits Garçons – Théodore BOURDEAU

Avis : ★★★

C’est à un véritable pas de deux que nous convie Théodore Bourdeau dans son premier roman « Les petits garçons » et tout au long de sa lecture je n’ai trop su sur quel pied danser.

Pas de deux entre le narrateur dont nous ne connaîtrons jamais le prénom, pas plus que le nom – serait-ce l’auteur ? – et Grégoire, son ami de toujours. L’auteur nous raconte l’évolution de ces deux amis, de leur enfance heureuse, en passant par l’adolescence et jusqu’à l’âge adulte, synonyme de toutes leurs déconvenues.

Difficile pour moi d’écrire une chronique cohérente tant je suis passée de la déception à l’enthousiasme, de questionnements à l’absence de réponses. Peut-être parce que je n’en ai plus l’habitude, peut-être parce que je serinais à mes élèves que le présent rendait le texte plus léger, plus vivant, plus percutant, mais ce récit à l’imparfait a souvent plombé mon plaisir. J’avais l’impression de pédaler dans la plaine de Beauce un jour de vent – et je sais ce dont je parle –, sans relief, sans saillie, sans buissons protecteurs, pas même les flèches de la cathédrale de Chartres au loin. Des faits, rien que des faits, implacablement énoncés.

Et pourtant… pourtant… le chapitre 25 est arrivé – non, ne cédez pas à la tentation de le lire tout de suite, il se gagne – magnifique, émouvant, étonnant et, tout à coup, le présent.

Tout à coup une envolée, une légèreté, une belle surprise. Et puis, il y a tous ces éléments de l’actualité : attentats, religion, vie professionnelle, musique, longuement traités, par le menu, mais toujours dans l’anonymat, pas de noms, pas de lieux définis. Et puis, il y a cette amitié indéfectible entre deux garçons que tout oppose et qui pourtant, contre vents et marées tiennent le cap. Il y a cette mutation du monde qui colle à leur vie et puis Grégoire qui surfe sur le haut de la vague jusqu’à s’y noyer. Et toujours, le narrateur, présent, à l’écoute, sans le moindre jugement. Oui, mais… je n’ai pu les regarder que de loin.

Alors, j’ai tout posé dans la balance, ce que j’avais aimé et puis tout le reste.

J’ai attendu, désespérément, mais le fléau n’a pas bougé. Il n’a penché ni dans un sens, ni dans l’autre. Et moi, je n’ai pas trouvé quel pied avancer. J’ai cessé mon deux, deux, un, de tango argentin, remisé mes chaussures à talons et regagné le bord de la piste. Ai-je aimé ou pas ? Les deux mon capitaine !

En tous les cas,  j’attends le deuxième roman de Théodore Bourdeau. 

Editeur : Stock (Collection arpège)
Date de Parution : 2 Janvier 2019
Nombre de pages : 256

Ce roman a été lu dans le cadre de l’association « Les 68 Premières fois » : Session Janvier 2019.

 

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