Des personnages en nombre, trois affaires entremêlées.

« Noir, c’est noir, il n’y a plus d’espoir » pourrait-on dire à la lecture de ce polar riche en personnages, en affaires entremêlées, en temporalités. Inutile de vous y plonger si vous avez l’habitude de parcourir un ouvrage en diagonale, de sauter des pages, des lignes ou même des mots. Ce roman se mérite, il demande une attention de tous les instants, page après page. Pensez donc, j’ai compté au moins 20 personnages, et si dans le premier chapitre, Konrad, le héros, a neuf ans, on le retrouve un peu plus loin retraité de la police pour revenir à une époque où sa femme est enceinte… vous suivez ?

L’islande et ses mauvais penchants…

Noir, c’est noir parce qu’au-delà des intrigues, des assassinats, il est question de l’Islande et de ses mauvais côtés de l’époque, des années cinquante et au-delà : la pauvreté, l’homophobie, la pédophilie, les violences infligés aux jeunes dans les orphelinats, sans oublier la corruption de la police. On pourrait presque considérer « Les parias » comme un roman politico-historique.  

…Sans oublier son ciel d’hiver…noir lui aussi.

Noir, c’est encore noir comme le ciel islandais en hiver, toile de fond de ce récit. Car il est bien question de l’Islande, non pas en « guest star », mais réellement en personnage principal et elle y prend toute sa place. Toutes ces particularités font de cet opus un ouvrage absolument foisonnant, intrigant, exigeant. Il m’eût été sans aucun doute plus facile à lire si j’avais connu les quatre précédents tomes. Comme souvent, je les lirai…après.

Au risque de m’attirer les foudres de ses milliers de fans, j’avoue n’avoir, en effet, jamais lu cet auteur auparavant. C’est vous dire si je me réjouis de le rencontrer lors du Festival Quais du Polar. J’aurais plaisir à échanger sur son processus d’écriture que je trouve particulièrement intéressant.

Un roman noir, noir, noir, que j’ai apprécié de découvrir.