Et, après un an d’existence, au regard des publications, on peut dire que cette maison qui a rejoint « Les nouveaux Editeurs » possède les spécificités annoncées : « Des textes intelligents et accessibles, des livres fulgurants et colorés – une pluie de météorites fendant la nuit. » Et son ambition est respectée : « Publier moins mais mieux. »

La maison propose deux collections : romans et essais

Alors, bien sûr, je n’ai pas lu l’ensemble de ces collections, mais au regard des deux romans que j’ai choisi de vous présenter, je peux attester de la réussite de Dana, directrice, Flandrine, éditrice, Camille, responsable commerciale, Manon et Jeanne, attachées de presse et salons. Une jolie équipe de véritables léonides. Ces deux textes correspondent parfaitement aux désirs de la maison de « saisir le monde, en visiter les dédales ».

Après « Les mangeurs de nuit », découvert dans le cadre du Prix Orange du Livre 2023, Marie Charrel nous livre un nouveau roman d’une force inouïe. De « Nous sommes faits d’orage », je ne voudrais pas dire beaucoup. Ce récit mérite de se découvrir au fil des mots.

C’est en 2023 que Sarah revient en Albanie, son pays natal. Il y a là, perdu dans les montagnes, un village « sans nom » et une maison abandonnée que lui a léguée sa mère. Le legs était accompagné d’un message pour le moins énigmatique : « Retrouver Elora ». Dans les années 70, Ilir, Dritan et Sokol quittent aussi le village pour aller faire leurs études à Tirana. Ils rencontrent Ester et…la dictature d’Enver Hoxha. Et puis il y a les années 90 avec Elora et Agon… deux amis d’enfance inséparables…

Marie Charrel mêle avec talent ces trois périodes, trois histoires… L’écriture merveilleuse de l’auteure emporte tout sur son passage. Mélodique, poétique et d’une puissance incroyable, elle a pris la lectrice que je suis dans ses bras et ne m’a plus lâchée jusqu’à la dernière page. J’ai suivi Sarah dans sa quête, dans son désir de connaître la raison pour laquelle sa mère avait quitté l’Albanie pour l’Isande. Sans parler d’Elora.

Je ne vous dirai rien de plus, le récit est si bien construit que tout se dévoile petit à petit…et c’est bien là sa grande qualité.

Une histoire magique écrite dans un grand souffle mythique.

« On l’appelait Bennie Diamond » est un fabuleux roman d’apprentissage, un récit foisonnant et émouvant porté par une écriture remarquable. L’ouvrir, c’est aller au bout sans le refermer.

Nous sommes à Anvers en 1970. Bennie Goodman, le héros de cet ouvrage, sait bien que son père préférerait le voir étudier la Torah. Il faut dire que Moshé est rabbin. Mais lui préfère de loin courir les rues des diamantaires. La prière ne l’intéresse pas. Ce qui le fascine c’est l’univers du diamant, celui dans lequel son grand-père Yéhuda a fait fortune. Et, comme son père avant lui, Bennie va tracer sa route comme il l’entend.

L’auteur nous offre une narration parfaite. Le rythme est maintenu tout au long du roman qui entraîne le lecteur avide de connaître la suite. Dans ce récit, on découvre l’origine polonaise des personnages, la raideur de la religion et la luminosité du diamant, la pauvreté du ghetto et de ceux qui vivent, la richesse des diamantaires. La réflexion est profonde sur le sens de la vie. Doit-on obéir ou se laisser aller à ses rêves ? Le personnage de Bennie est particulièrement attachant qui, derrière ses ambitions – de tailleur, il réussira rapidement son entrée dans les salles de négoce de la bourse – garde son amour pour les siens.

Et, quand ma lecture terminée, je regarde enfin la quatrième de couverture, je vois que Michaël Dichter est scénariste et réalisateur. Je comprends alors pourquoi, j’avais constamment en tête le visage d’un acteur pour le rôle de Bennie.

Un premier roman épatant.