Tout commence à Shangaï.

Tout commence à Shangaï. Le couple Vaxélaire y est expatrié. Et Serge apprend qu’il vient d’être licencié. Tout le monde, en effet, le considère un peu comme un raté. Lui se réfugie dans l’obsession de réaliser le crime parfait. Obligé de rentrer en France avec sa femme Ingrid et sa fille Manon, il se console en pensant que, juste avant son départ, il a bien réussi ce dont il rêvait depuis toujours. Quelques années plus tard, nous retrouvons la famille à Beausanges, petit village à l’atmosphère glauque. Le ciel y est bas et lourd. L’humidité omniprésente suinte partout et jusque dans les bureaux du commissariat déserté par un commissaire non remplacé. Des grenouilles taureaux ont envahi les lieux et saturent l’air de leurs coassements. Tout est noir à Beausanges, le décor, l’ambiance et même l’âme de ses habitants.

Puis un cadavre est découvert à Beausanges.

Et quand le cadavre d’une jeune fille, Ashley, est découvert au pied d’un arbre par le maire de la commune, l’intrigue prend une autre dimension. L’état du corps est, en effet, identique à celui de la victime d’un meurtre commis des années plus tôt… ailleurs…Le capitaine Barthélémy Féroce, Bérénice, sa lieutenante « …et bras droit, même si elle n’aime pas le terme parce qu’elle est gauchère et qu’elle estime stigmatisant de porter les droitiers aux nues… », et Omar Redouté, également lieutenant, entrent en scène. Ils ne sont pas au bout de leur peine, même s’ils sont rejoints par un représentant du Ministère de l’intérieur, Stanislas Plantevin, envoyé là pourtant pour tout autre chose.

Un roman magnifiquement écrit, ficelé, construit.

Véritable bijou, magnifiquement écrit, ficelé, et construit, ce roman n’est pas juste policier. Dans ce récit noir aux confins de l’étude psychologique, chaque personnage révèle des particularités intéressantes soigneusement étudiées et judicieusement décrites. Très original de par le thème mais aussi une langue à la fois riche et percutante, il se lit avec un plaisir indéniable. Les rebondissements nombreux et distillés au compte-goutte maintiennent un rythme soutenu. Et la construction, implacable, m’a tenue en haleine jusqu’à une fin que j’étais loin d’imaginer.

« Les diables de Beausanges » – le titre est parfaitement choisi – et un roman passionnant dans lequel l’humour flirte souvent avec l’horreur.