Originale est la famille de la narratrice.
« Original », c’est le terme qui me vient tout de suite en tête pour qualifier ce récit. Originale est la famille de Zélie (la narratrice), le plus souvent affublée de « …sobriquets moqueurs ». Il y a le père, appelé « Le Loup », la mère Hélène (parfois surnommée « Madame Louve »), les grandes sœurs, une cousine recueillie et les bonnes qui se succèdent. Originale aussi est la construction de l’histoire qui mêle vie privée et vie publique. Car Le Loup est un haut-fonctionnaire d’importance dont « La vie professionnelle… est liée à celle de son patron, le Mandarin, dont il parle souvent. » Il voyage beaucoup. Et si beaucoup de choses se passent dans la sphère familiale, on apprend tout de la politique des années 60 : la guerre d’Algérie et ses suites, la Françafrique etc. le SDECE, le SAC… et les scandales politico-financiers.
Originale est l’écriture de l’auteure.
Originale encore est l’écriture de l’auteure. Une écriture sèche mais tellement époustouflante parfois et, tout au long, pétulante « Roi, dame, fou, cavalier, elle roquait sur l’échiquier du désir. C’était le seul coup qui lui permettait de déplacer deux pièces à la fois ; le seul qui développait sa tour et protégeait son roi. Elle, la dame. » Une phrase d’anthologie à mes yeux. Original enfin ce visible plaisir de jouer avec les lettres majuscules à foison, même après des virgules. Cette particularité m’a intriguée mais beaucoup plu. Original, c’est bien le mot.
Pour ce qui est du reste, je préfère vous laisser découvrir les difficultés de la vie de Zélie de ses huit ans à l’âge adulte et le sens du titre pour le moins mystérieux.
Un roman vraiment séduisant.
Editeur : Julliard
Date de Parution : 15 Janvier 2026
Nombre de pages : 224
Je remercie chaleureusement le magazine Version Femina et les Editions Julliard
pour cette lecture séduisante et originale.
















