Elles sont vingt-cinq, vingt-cinq histoires.
En vingt-cinq histoires, parfois très courtes, l’auteure nous raconte des vies, difficiles souvent, entre rêve et réalité, dans lesquelles s’immisce parfois le fantastique. Je ne vais naturellement pas vous raconter la totalité de ces petits récits. Je ne les ai pas obligatoirement lus dans l’ordre. J’ai commencé, comme souvent, par la nouvelle éponyme – l’avant-dernière – « Le poids des os », très belle intrigue. Le père de la narratrice « … se considérait comme un calculateur de destins et évaluait la chance en pesant les os…des os lourds auguraient une bonne vie. » Mais ce n’est pas si simple et chacun doit, s’il le peut, s’accrocher.
J’ai beaucoup aimé aussi « La Fontaine » qui raconte la précarité, l’obligation de dormir dehors, « Cette nuit, l’astre était à elle, à emporter pour se réchauffer le ventre au contact de sa lueur chaude. » Le viol y est abordé de manière feutrée. C’est triste, terrible, mais les mots si bien choisis et doux semblent vouloir atténuer la douleur. Et puis il y a « Raccord », à la limite de l’improbable, la noyade d’une petite fille mal surveillée par sa maman, un moment terrible, hors du temps, fantastique. Totalement absurde, ce serait presque hilarant si ce n’était aussi grave. Et la première – une page et demie – « J’entre dans un livre », une suite de jeux de mots, mais d’une souffrance infinie puisque la perte progressive de la vue en est le sujet. « Pourquoi je dis que nous sommes cousines » et l’homosexualité difficile à vivre, sans oublier un robot cuisinier incapable de confectionner du riz frit comme il faut et tant d’autres… toutes aussi belles et poétiques.
L’amour, le chagrin, la douleur, sublimés par une langue mélodique, une petite musique lyrique et un appel aux sens. Superbe !
Editeur : Zulma
Date de Parution : 28 Mai 2026
Nombre de pages : 272
Traduit de l’anglais (Malaisie) par Dominique Vitalyos
Je remercie infiniment les Editions Zulma pour cette lecture hors du commun.
















