C’est l’histoire de Colline.

Dès le début, nous savons à quoi nous attendre : « Cette histoire commence mal. Mes parents venaient de mourir dans un accident de voiture et mon contrat chez Ciné-Passage arrivait à son terme. » Cette histoire, c’est celle de Colline qui a quitté, jeune, son sud natal pour Paris. Elle voulait fuir ses parents, l’atmosphère détestable qui régnait au sein de la famille et le garçon chez qui elle s’était installée. Elle a trente-six ans maintenant et revient sur ses pas…C’est sa rencontre avec un vieil homme plutôt désagréable qui va faire resurgir un passé qu’elle avait oublié.

Un thriller sur fond de cold case.

Ce roman peut, en effet, être qualifié de thriller mais il est bien davantage. Il revient sur un cold case qui remue beaucoup de souvenirs enfouis depuis de longues années. Il aborde avec justesse, profondeur et pourtant une certaine délicatesse, la pédophilie. Les ressentis, les douleurs cachées, sont disséqués. Les personnages sont bien campés et attachants, leur spécificité très travaillée et leurs rapports finement étudiés sous un regard bienveillant. On y parle aussi d’amour, d’amitié, de générosité.

Une écriture simple, fluide et belle.

 Le tout est traduit dans une langue chère à l’auteur. Une langue qui évite toute ostentation, d’une grande simplicité, fluide et belle. L’intérêt grandit au fil des pages et les événements se succèdent à la lumière de phénomènes paranormaux. Stéphan Sanchez aime jouer avec l’ésotérisme qui se coule ici de belle manière au milieu du récit.

« Le feu d’abord » est un roman passionnant qui se lit d’une traite tant l’attention est maintenue du début à la fin. J’y ajoute le plaisir d’un texte dépourvu de la moindre coquille, particularité devenue rarissime.