Chroniques Littéraires

L’appel de Portobello Road – Jérôme ATTAL

L’appel de Portobello Road – Jérôme ATTAL

Avis : ★★★★

Jérôme Attal, je l’avais vu, en octobre dernier, à La 25ème heure du livre au Mans. Ses lunettes noires m’avaient impressionnée au point de ne pas oser m’approcher. Et pour lui dire quoi ? Je n’avais encore rien lu de lui, c’est dire le retard. Aujourd’hui, j’ai commencé à réparer ce manque. Je le découvre avec « L’appel de Portobello road » et… je ne le regrette pas !

« L’appel de Portobello road », donc, est à la fois le titre et le début de l’histoire puisqu’il déclenche tout le reste. Non, je ne vais pas vous raconter la suite. Ce serait nocif au plaisir de la découverte et inutile. Bon, je vous dis juste qu’Ethan, la quarantaine, reçoit pendant la nuit un appel téléphonique de ses parents disparus depuis quelques années. Ils lui demandent même de transmettre un message de leur part à sa sœur, sauf que… Ethan n’a pas de sœur.

A partir de là l’auteur nous entraîne à la suite de cet homme dans un road-movie quelque peu déjanté – en Triumph Spitfire, s’il vous plaît ! –, une sorte de conte sans méchants, une épopée brillante et animée. J’ai eu l’impression d’être plongée dans un shaker au milieu de pom-pom girls tchèques expertes en vodka – mais pas que –, une armée de gens déguisés amateurs de tartes au riz, de la porcelaine anglaise et une contrôleuse qualité… bref, un véritable méli-mélo de figures et de situations toutes plus abracadabrantesques les unes que les autres… et pourtant, toujours en filigrane, l’amour et la solitude.

Quel talent ! Je suis tombée en amour de l’écriture superbe de Jérôme Attal, originale, travaillée, recherchée. J’ai aimé les expressions imagées à foison

« Ses prunelles noires bataillaient en permanence contre l’étroitesse des orbites comme si elles rêvaient d’indépendance ; deux adolescentes bien décidées à aller voir le monde. »

 Les personnages détaillés, tous excentriques, bariolés, la musique partout présente, forment une sarabande continuelle.

J’ai vraiment été emportée dans un tourbillon léger, léger, tournant les pages allègrement à la rencontre de nouveaux amis. Et même si parfois je me suis demandé ce que voulait dire l’auteur, je me suis contentée de me régaler. La prochaine fois que je le rencontrerai, c’est sûr, même s’il porte des lunettes noires, même si je ne suis pas une fille des Yvelines (voir page 65), je n’hésiterai pas à l’aborder pour lui dire mon admiration.

Editeur : Robert LAFFONT
Date de parution : 2 Mars 2017
Nombre de pages : 162

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