La guerre finie, nous voilà plongés dans les années 20.

La guerre est terminée ; nous voici plongés dans les années 20 où nous retrouvons avec plaisir Emile et les cousines Pauline et Clémence. Ces dernières, justement, qui dirigeaient leur usine de chaussures avec succès, aidées par Emile, le concepteur des modèles, se retrouvent petit à petit dans la tourmente. D’une part une usine rivale s’installe juste à côté de la leur. D’autre part Alfred Warrender de Sales – le père d’Emile – reste sourd aux revendications des ouvriers de la tannerie de Saint-Ouen qui se mettent en grève. Or, sans peaux, pas de chaussures. De plus, vol à l’usine, secrets du passé qui refont surface (Pierre et Etienne ont caché des choses), et mouvements sociaux alourdissent le climat. Mais comme souvent, rien n’est perdu…

Du talent et une écriture limpide.

Le talent de conteuse de l’auteure fait merveille. On sent l’expertise de l’enseignante de lettres modernes. Son écriture est d’une grande qualité, travaillée tout en restant d’une belle fluidité. Bénédicte Rousset dose parfaitement son récit, oscillant entre des passages aux effluves de rose et d’autres plus acides, reflet des affrontements entre patronat et ouvriers.

Des thématiques fort intéressantes.

Les thématiques abordées, égalité salariale femme-homme ou encore la souffrance animale, sont également d’un grand intérêt. Ces réflexions, déjà d’actualité à l’époque, donnent une profondeur supplémentaire au récit. C’est ainsi que les pages se tournent seules. On s’attache encore davantage à Emile, différent certes, mais bourré de talent, on souffre pour les cousines confrontées à tant de difficultés à la fois professionnelles et familiales et on se dit – moi en tous les cas – qu’un quatrième opus ne serait pas de trop.

« L’affaire Warrender de Sales » est un beau roman, un vrai roman qui fait beaucoup de bien.

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