Hypnotique et fiévreux.
« J’ai écrit cette histoire dans un état hypnotique, bouillonnant, fiévreux. » C’est ainsi que l’auteure définit la condition dans laquelle elle a rédigé ce roman. Et cette fièvre, ce bouillonnement, cet hypnotisme, se transmettent au lecteur. Un récit court, saccadé, fiévreux en effet, qui s’engloutit dans une goulée, une seule, sans presque respirer. Au pays des guérisseurs, rebouteux, coupeurs de feu, on trouve La Mère et puis Le Fils qui prend la relève. Elle a été appelée, mais c’est lui qui y va… au Fond du Puits. Il part, il fait nuit, il marche…Il a une mission : guérir un enfant malade.
C’est noir, c’est beau.
Tout est saisissant, noir et beau à la fois. Noire l’âme des hommes, belle la force poétique de la nature. Belle et forte, l’écriture de l’auteure qui fait de ce roman sombre une véritable œuvre poétique. Car, nul n’est besoin d’écrire en vers. Les mots, le rythme, les personnages suffisent. Les descriptions des lieux, « Le Fond du Puits repose toujours à l’ombre : l’eau y est fraîche, l’herbe plus verte que sur les deux seins pelés qui l’entourent… », des gens, « L’enfant est d’une beauté stupéfiante, la maladie le rend plus lumineux, sa peau semble faite de papier d’église…Le père d’une laideur de fond de village… » nous emportent vers un univers plus infernal que terrestre, dans une sorte de conte dantesque.
J’ai adoré cet ouvrage nerveux composé dans un souffle qui redonne vie aux choses cachées. Je l’ai lu dans le même souffle lyrique.
Editeur : L’iconoclaste
Date de Parution : 11 Janvier 2024
Nombre de pages : 134
Chronique rédigée le 15 Novembre 2024
















