La femme révélée – Gaëlle NOHANT

La femme révélée – Gaëlle NOHANT

Avis : Coup de Foudre

Chroniquer un livre que je n’ai pas apprécié m’est toujours difficile. Mais ça l’est tout autant s’agissant d’un roman  adoré. Et c’est le cas pour « La femme révélée », dernier roman de Gaëlle Nohant.

Ce ne sont pas les mots qui me manquent, pourtant. Je crains plutôt la façon de les apprivoiser, de traduire correctement ma pensée. Cet ouvrage est, à mes yeux, si beau, si travaillé, que je ne saurais le trahir.

Car, travaillée est l’histoire d’Eliza Donnelley qui s’enfuit de Chicago et arrive à Paris, baptisée Violet Lee, juste lestée d’une pauvre valise et d’un Rolleiflex. Elle a laissé derrière elle un mari abhorré et surtout un fils adoré. Pourquoi ? Je vous laisse le découvrir. Travaillés sont les personnages, attachants ou répugnants, mais tous dotés de personnalités finement abordées. Travaillée aussi la part d’Histoire en décor de fond, de la France qui se guérit lentement des blessures de la guerre aux Etats-Unis où les injustices raciales font rage, où les assassinats d’hommes politiques se succèdent. Travaillée encore cette quête de liberté qui fera de Violet une artiste, une vraie, mais aussi une femme capable de retourner vers ses origines et de vivre sans laisser de côté ses convictions.

Travaillée toujours l’écriture qui dit si bien l’art de la photographie, passion de Violet :

 « Je photographie cette larme qui glisse sur la joue de Rosa. Je cadre ses yeux brûlants de tous les incendies, toutes les rages à hurler. Mes clichés sont des gifles dans la lumière crue, je vois le corsage déchiré, la jouissance de salir, les crachats, les insultes. »

Qui dit l’amour et la passion : 

« Nous nous sommes embrassés… Quelque chose se réveillait à l’intérieur de moi, d’un très profond sommeil…Mais aujourd’hui mon corps se rappelait qu’il n’était pas mort. Mes écailles de fugueuse glissaient dans la nuit, je m’ouvrais. »

Qui dit la musique, le jazz des caves  :

« Je me sentais légère, douillettement nichée dans cette cave. Et me laissais bercer par la mélodie qui musardait d’un musicien à l’autre, revenait sur ses pas pour mieux s’élancer, caracoler, réveillant le regret d’un amour perdu, d’un pays suave et cruel ».

Et même si j’eus préféré  deux parties plus homogènes, les retrouvailles entre  Eliza et Tim plus développées, la place des émeutes moins importante, ce roman est un coup de foudre… quand on aime… !

Editeur : Grasset
Date de Parution : 2 Janvier 2020
Nombre de pages : 384

 

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