Chroniques Littéraires

La Belle de Casa – In Koli Jean BOFANE

La Belle de Casa – In Koli Jean BOFANE

Roman lu dans le cadre des “Explorateurs de la Rentrée littéraire 2018” organisé par le site Lecteurs.com

Avis : ★★★★

L’habit ne fait pas le moine, dit-on.

Mais, pour ce qui me concerne, si la couverture ne fait pas le livre, du moins me le rend-elle attrayant ou… pas… Et celle du roman de In Koli Jean Bofane, “La belle de Casa”, jolie, chatoyante et colorée, me donne d’emblée envie de découvrir ce qu’elle cache.

“Sitôt le drame connu, un même cri retentit dans tout le quartier Derb Taliane : “Ichrak metet !” Ichrak est morte !”

La première phrase donne à penser que je viens d’ouvrir un roman policier. Mais, si le commissaire Mokhtar Daoudi recherche bien un meurtrier, son enquête semble servir de prétexte à un récit situé aux confins du conte, de l’étude sociologique, météorologique – chaque chapitre ne porte-t-il pas un titre aux allures de phénomène naturel ? – ou encore géographique.

Il nous entraîne dans la vieille Médina de Casablanca. La corruption y règne en maître dans le domaine de l’immobilier, les migrants sont confrontés à nombre de difficultés et le fameux vent “Chergui” qui souffle du désert semble répandre la folie. Peut-être même est-il à l’origine du trouble exacerbé des hommes à la vue des femmes ?

J’ai apprécié l’écriture fine, maîtrisée, imagée de l’auteur, écriture aussi colorée que la couverture : “Une main pâle, tatouée d’indigo, était posée délicatement sur la gorge, cachant un sillon noir…”.

J’ai apprécié aussi les traits d’humour quelque peu incisifs et les personnages, dont l’auteur dresse des portraits d’une grande beauté. J’ai aimé Ichrak, cette fille sans père et qui le recherche dans chaque figure masculine, Sese – le narrateur – fraîchement débarqué au Maroc de son Congo natal alors qu’il rêvait de Paris, le Commissaire, plus maussade et pourtant attachant, et même Farida Azzouz, femme d’affaires sans scrupule, mais d’une grande élégance : “Farida venait de faire son entrée, radieuse, en robe Saint Laurent noire et escarpins Manolo Blahnik. Un bracelet en or jaune, Panthère de Cartier, faisait danser des flammes à son poignet.”

In Koli Jean Bofane a plus d’une corde à son arc : parfait portraitiste, conteur hors pair, il possède aussi l’art de la description des lieux, des gens, des situations.

“La belle de Casa”est un très beau roman qui dégage chaleur et bourrasques et dont j’ai eu beaucoup de mal à me séparer.

Editeur : Actes Sud
Date de parution : 22 août 2018
Nombre de pages : 208

 

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