Chroniques Littéraires

Je ne veux pas être jolie – Fabienne PERINEAU

Je ne veux pas être jolie – Fabienne PERINEAU

 Avis : ★★★

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai lu le nouveau roman de Fabienne Périneau, son deuxième « Je ne veux pas être jolie ». Il faut dire que découvrir un ouvrage en avant-première a cette saveur particulière du terrain vierge, de la neige fraîche que l’on foule en premier, de la forêt que l’on devine un matin dans la brume.

C’est donc dépourvue de toute information, de tout point de vue, de toute réflexion que je me suis plongée dans l’histoire de Georgia, Jo pour les intimes, ce qui d’ailleurs a le don de l’agacer « Jo, c’est un raccourci pour ne pas flâner en chemin, c’est le dernier des frères Dalton, un boxeur, une peluche, un chien, mais ce n’est pas Georgia ». Le ton est donné d’une écriture alerte, simple, vive, sans concession, sans fioriture, parfois drôle et souvent grave. Mais revenons à Georgia qui apprend de son Oncle Franck, la mort de sa mère. Pas de larmes. Georgia est séparée de Romain, le père de ses enfants Anaïs et Pablo. Georgia a une sœur, Marie-Eve, et un frère Antoine qui vit aux Etats-Unis. Elle a aussi un nouvel amoureux : Raphaël. Elle a, elle a…

Et Georgia pense, elle pense à sa vie, sa vie d’avant, son enfance, sa jeunesse. Elle nous raconte entre passé et présent, elle nous parle des arbres qu’elle soigne – c’est son métier – de sa vie d’adulte, pas toujours facile, mais aussi de ses huit ans, pas faciles non plus. Et puis au fur et à mesure, on comprend, on comprend que des secrets traînent dans les tiroirs. Alors, oui, j’ai envie de dire que le sujet a déjà été traité, oui j’aurais envie d’ajouter qu’on a déjà lu des écrits similaires et pourtant je préfère y trouver quelque chose, non pas de nouveau, mais de différent. Différente est la manière d’en parler, différente est l’écriture, différentes aussi les émotions ressenties.

J’ai beaucoup aimé cette façon d’aborder un sujet aussi difficile, d’en parler par petites touches, de l’évoquer plutôt que de l’avouer. Il y a dans ce texte une tristesse latente, de l’amour mais aussi de la crainte. Il y a toutes ces choses qui détruisent une vie, les familles, il y a les non-dits, les difficultés de communication, les jalousies et tant d’autres actes qui restent tus et dévastent. Il y a ces relations mère/fille si souvent délicates. Il y a, il y a….

En un mot, j’ai apprécié ce roman facile à lire, émouvant, convaincant et, au final, lumineux. 

Editeur : Plon
Date de Parution : 9 Janvier 2020
Nombre de pages : 196

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.