Pourquoi les quelques réticences du début de lecture ?

Pourquoi quelques réticences ? Parce que dans un premier temps, j’ai eu l’impression de lire un copié/collé des Enfants endormis. Certes, il n’était pas question du Sida, mais de consoles de jeux vidéo. Certes l’accent était mis sur Jacky, le père du petit Anthony et de son frère jumeau, mais la construction était identique. Les personnages déjà rencontrés dans son premier opus étaient toujours là. Il était à nouveau question du décès de l’oncle Désiré, de la cousine Emilie, tous deux morts justement de cette maladie qui se fait jour au début des années quatre-vingt.

Ce ne fut pas un coup de foudre mais quelques chose de plus profond : une histoire d’amour au long cours.

Et puis, petit à petit l’écriture de l’auteur m’a enveloppée, une écriture bien travaillée, sobre et élégante qui emporte et émeut . Petit à petit, je me suis prise d’affection pour ce petit Anthony qui voit son monde se déliter « Mon père a disparu en l’espace de trois consoles de jeux. » Car ce jeune garçon a l’âge d’être mon fils et au fil des pages, j’ai eu envie de le prendre dans mes bras, de le protéger de cette tristesse latente. J’ai eu envie de le défendre contre les méchants, ceux qui étaient plus forts que lui. Encore une fois, l’auteur mêle son histoire à celle de grands inventeurs, ceux des jeux vidéo. Encore une fois il mélange le personnel et l’universel, encore une fois il enchevêtre « la tendresse de l’enfance aux désillusions de l’adolescence » comme le stipule la quatrième de couverture.

Il en ressort un roman d’apprentissage, un roman tout court, profond, à la fois grave et lumineux. Un très beau roman.