Il y a Marie-France et toutes les autres.

Il y a Marie-France, famille recomposée, tensions avec la fille de son compagnon… Alors quand l’hôpital l’appelle de la part d’Alix, cette fameuse « belle-fille » qui le matin même avait ces mots définitifs « T’es pas ma mère » et même « T’es qu’une putain de marâtre », la surprise est de taille et la chute remarquable. Une belle étude, je trouve, des rapports adultes/ados. Il y a aussi Diane qui « Dès son réveil…s’en est prise à Nicolas, son compagnon. Compagnon à temps partiel… » et qui finit dans d’autres bras pour une milonga. Là encore beaucoup de tact et de pudeur pour parler d’amour sans en dire trop. Et puis il y a Jeanne qui tombe enceinte sans l’avoir voulu et réclame au responsable de l’argent pour se faire avorter. Et il y a Julie… mais qui est-elle ? Une chute à nouveau magistrale.

Et il y a l’écriture, pudique et délicate.

Et je passe sur Sylviane… « Ce dimanche matin, la jeune femme franchit les grilles du cimetière de Saint-Christophe-en-Oisans… » Je passe aussi sur Evelyne, Laure et leur passé… et sur toutes les autres. Onze histoires émouvantes, touchantes, souvent tristes et pourtant mâtinées d’espoir. L’auteur possède un talent fou pour parler des femmes. Son écriture, pudique et délicate, décrit, peaufine, analyse. Le phrasé est simple et fluide qui permet une lecture facile. Nous prenons fait et cause pour ces héroïnes et j’avoue que pour ma part, l’habileté de Michel Vanpé à conclure ces pans de vie m’a laissée à chaque fois admirative.

« Féminin pluriel » est recueil dont j’ai aimé chacun des textes pour la profondeur des sentiments, les personnages tous singuliers et attachants et la qualité de la narration.