Chroniques Littéraires

Elmet – Fiona MOZLEY

Elmet – Fiona MOZLEY

 

Avis : ★★★★

Lorsque le site Babelio m’a proposé de venir rencontrer Fiona Mozley lors d’une soirée organisée à Paris pour la parution de son roman « Elmet », j’ai accepté par curiosité. Je lis peu de littérature étrangère et c’était l’occasion de découvrir une auteure anglaise. Je ne savais pas qu’il s’agissait de son premier roman et encore moins qu’il avait été parmi les finalistes du « Man Booker Prize » en 2017.

La curiosité n’est pas toujours un vilain défaut.

« Quand Hansel et Gretel rencontrent le parrain« , j’avoue que j’aurais aimé trouver moi-même ce résumé de l’histoire émanant du Sunday Times. Il s’agit en effet de deux enfants, Daniel, le narrateur, et sa grande sœur Cathy, venus s’installer avec leur père dans le Yorshire. Ils vivent dans les bois, dans la petite cabane qu’ils ont construite, chassent et cueillent pour se nourrir. Ils ne fréquentent pas l’école et reçoivent pour toutes leçons ce que leur enseigne Vivien, une voisine. Leur vie est cependant heureuse, jusqu’à ce que Mr Price, un riche propriétaire terrien, menace de les expulser.

L’ouvrage dégage un parfum bucolique et lyrique :

« On arriva en été, quand le paysage était en fleurs, les journées longues et chaudes, la lumière douce. Je me promenais torse nu, et ma sueur était propre. J’aimais l’étreinte de cet air épais. »

 L’écriture est linéaire, simple, directe, déclarative. Les phrases sont extrêmement courtes sans être sèches. Elles bercent le texte qui ondule telles les herbes de la forêt que la famille parcourt à l’envi. Chaque personnage possède une personnalité riche et particulièrement attachante et Fiona Mozley s’y entend pour dresser d’eux des portraits d’une grande beauté :

« Charlie (c’est le plus jeune des deux fils de Mr Price) avait les cheveux noirs et des yeux encore plus noirs… et il avait beau être terriblement beau, il y avait des demi-cercles grisâtres autour de ses yeux qui donnaient l’impression de saigner. Il avait… une peau qui prenait la couleur du ciel. Ce jour-là était couvert, si bien que sa peau était terne et pâle. »

La construction est intéressante qui petit à petit nous fait passer d’une histoire délicate, sensible, sylvestre, à un final d’une rare intensité et d’une extrême violence.

Un roman superbement écrit, des personnages singuliers, des petits, des réprimés, et une montée en puissance impressionnante jusqu’au basculement dans l’horreur. Un premier ouvrage captivant et très réussi.

Editeur : Joëlle Losfeld
Date de Parution : 3 Janvier 2019
Nombre de pages : 240
Traduit de l’anglais par Laëtitia Devaux

Un grand merci à Babelio et aux Editions Joëlle Losfeld pour cette lecture en avant-première.

 

 Ce roman est paru dans sa version originale le 10 Août 2017 chez J.M. Originals (311 pages)

 

 

 

 

 

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