Une langue ignée.

Remarquable par l’écriture, une « langue fiévreuse »… Je n’ai pu trouver meilleur qualificatif que celui employé sur la quatrième de couverture. Fiévreuse, en effet, poétique, désuète à souhait, riche de délicieux mots anciens qui retracent à merveille la destinée de cette pauvre Paulie. Malgré sa piètre condition de paysanne, elle ne se laisse pas déstabiliser. Elle est pauvre, parle peu, se fait faire des enfants par un certain Agathon. Il faut dire que « Agathon savait y faire, et pas seulement avec Paulie. Il avait une réputation, une réputation salie dans tout le canton, mais Paulie ne le savait pas. » Et pourtant continue à décider de sa vie. Ses abeilles sont là dont elle prend bien soin.

Une construction remarquable.

Remarquable par la construction, la fin de l’histoire racontée au début, l’alternance de voix. Il y a Paulie, il y a Georges, son fils aîné qui explique et puis des poèmes qui allègent et apportent du rythme. Le rythme justement qui m’a emportée, dans l’impossibilité que j’étais de refermer l’ouvrage.

Des personnages d’une force étonnante.

Remarquable aussi par la force des personnages, tous particuliers, tous attachants, envoutants, touchants. Des gens de rien, tous silencieux ou presque qui grâce à l’auteure prennent une autre dimension. De même qu’Helen Keller, ou encore Henni, Paulie sort de l’ombre pour prendre la lumière. Il est vrai qu’Angélique Villeneuve n’a pas son pareil pour faire se côtoyer élégamment obscurité et grand soleil, sans oublier des lueurs d’incendie.

« Des idées d’incendie » est un grand roman, un vrai, un moment de lecture hors du temps.