Chroniques Littéraires

Baïkonour – Odile D’OULTREMONT

Baïkonour – Odile D’OULTREMONT

Avis : ★★★★★

« Mettre la charrue avant les bœufs », voilà une expression qui me convient à merveille et dont je fais un usage régulier. Ainsi, je viens de terminer le deuxième roman d’Odile D’Oultremont, « Baïkonour », sans même avoir lu le premier. Mais qu’à cela ne tienne, ça viendra. Et, en attendant, je savoure encore, des heures après avoir tourné la dernière page, me demandant quel adjectif, je pourrais bien lui attribuer : magnifique, merveilleux, émouvant…

Cette histoire étonnante entre mer et ciel avec la terre pour témoin réunit deux personnes que tout oppose.

Anka est fille de la mer, ou plutôt de l’océan sur lequel navigue son père, marin-pêcheur, à bord du magnifique « Baïkonour » et qui un jour périt en mer. Elle a toujours rêvé de prendre le large et pourtant, elle doit se contenter de « … brusher des mèches que l’on dirait poisseuses tant elles sont harassées et misérables. D’asperger de laque un chignon crêpé qui n’a de volumineux que la pauvre illusion qu’il procure encore à peine. » Elle est coiffeuse chez Line. Marcus, quant à lui, passe ses journées à cinquante mètres au-dessus du sol et vit sa vie en plongée. De là-haut il a une vue dégagée sur les fourmis qui courent en contrebas et surtout « …les traits d’un visage qu’il découvre, ses expressions à peine émergées, à fleur de derme et tout en retenue. Il a le sentiment qu’elle glisse sur le pavé comme le gerris sur la surface de l’eau… ». Ces deux-là vivent sous le même ciel, au bord de la même mer. Mais, sont-ils faits pour se rencontrer ?

C’est un roman où se côtoient l’amour, la mer, le ciel, mais aussi le deuil et de la difficulté à le vivre, sans oublier le désir de liberté. C’est aussi la prise de conscience que mer et ciel se confondent et que la mort, finalement y est identique. « Au fond que l’on soit dans les airs ou sous la mer, l’arrangement d’un corps est le même, le tronc déployé, les bras répandus de part et d’autre, la tête renversée. » Et c’est encore une jolie mise en lumière du métier de grutier.

Si j’ai beaucoup aimé ce récit, ce n’est pas seulement pour le décor. Même si ma Bretagne adorée a le beau rôle, même si elle est partout, enjolivée, même si le golfe de Gascogne est pour Marcus ce « …voyou foutraque et misanthrope… » il y a aussi l’écriture. La précision des mots le dispute à la fluidité, la simplicité à la musicalité, la poésie au chant du vent.

« Baïkonour », c’est un beau roman, c’est une belle histoire.

Editeur : L’Observatoire
Date de Parution : 21 Août 2019
Nombre de Pages : 224  

Ce livre a été lu dans le cadre de la sélection de l’association « Les 68 Premières Fois » – Rentrée littéraire 2019.

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