Ce ne sont encore pas mes propos sur le premier roman d’Emmanuelle Grangé « Son absence » qui me feront perdre mon titre de « bon public ». Oui, je sais je suis bon public, j’ai été élevée ainsi et je l’assume. J’ai du mal à être cassante et trouve la plupart du temps un angle positif à développer. Ce n’est pas non plus de ma faute si la plupart des romans que je découvre depuis quelque temps sont bons – à mes yeux – et celui-ci ne déroge pas à la règle.

« André Munch a toujours été méchant avec ses six enfants, son épouse, il est méchant avec ses belles-filles, ses quatre petits-enfants, qui ne sont jamais assez bien pour lui. »

Ainsi débute le roman et le ton est donné d’une écriture simple, carrée, directe. Il traite pourtant d’un sujet dur, terrible : la disparition d’un proche. François Munch, l’un des fils a, un jour, adressé une carte à sa famille. Le contenu est laconique qui parle d’un départ définitif et le silence pesant qui lui fait suite.

20 ans après… la déclaration d’absence est possible… et la famille se retrouve au palais de justice.

Comme à mon habitude, j’ai ouvert le livre sans rien savoir du thème abordé, comme d’habitude, je me suis plongée cœur le premier dans les mots, les phrases, les silences et j’ai découvert une famille : un père, une mère et les cinq enfants qui restent. Chacun vit l’absence de François à sa manière.

Au fur et à mesure des chapitres on avance, on ressent, on découvre les personnages.

Petit à petit on comprend leur chagrin, leur difficulté à vivre cette disparition. Comment faire, comment respirer sans savoir où, comment… Comment ne pas penser, avancer malgré tout. Avec des mots de tous les jours, des phrases courtes, sans fioritures, un rythme tranquille, Emmanuelle Grangé parvient  à nous plonger au plus profond des membres de cette famille, à éprouver leurs sentiments, à souffrir avec eux, à comprendre, à craindre tout en espérant, à ressentir la tension et puis avec eux à remonter à la surface…

J’ai trouvé ce roman raffiné et doux, tendre jusque dans les difficultés, émouvant et grave.

Et last but not least, la subtilité se retrouve jusque dans la couverture joliment discrète et dépouillée, tout juste agrémentée d’un bandeau aux allures de sérénité.

 

Editeur : arléa éditions 
Date de parution : 31 août 2017
Nombre de pages : 143