Chroniques Littéraires

A crier dans les ruines – Alexandra KOSZELYK

A crier dans les ruines – Alexandra KOSZELYK

Avis : ★★★★

Mon honnêteté, sans doute le pire de mes nombreux défauts, me pousse à avouer que, sans l’association « Les 68 Premières fois », je n’aurais sans doute pas lu « A crier dans les ruines », le premier roman d’Alexandra Koszelyk. L’important battage fait autour de cet ouvrage avant même sa parution m’avait quelque peu agacée.

Mais c’eût été une grave erreur !

C’eût été une grave erreur, c’est certain, au regard des nombreuses qualités que j’ai pu lui trouver après avoir admiré la superbe couverture, une habitude de la maison d’édition Aux forges de Vulcain. Des coquelicots sur fond d’hommes casqués et masqués pour annoncer une catastrophe… L’auteure nous raconte Tchernobyl, 1986, à travers la vie de deux adolescents Léna et Ivan, deux adolescents amoureux sans peut-être même le savoir et dont le destin va basculer en une fraction de seconde, le temps d’une explosion mortifère. L’une a la chance de pouvoir fuir, avec sa famille, la zone touchée, contaminée. L’autre va rester sur cette terre qui, pour abîmée qu’elle soit, demeure celle de ses ancêtres.

J’ai aimé l’écriture simple et pourtant superbement travaillée, d’une grande élégance, toute en poésie délicate. J’ai aimé les nombreuses références littéraires liées à la mythologie. Parfaitement intégrées au texte elles s’y imbriquent sans jamais l’alourdir. J’ai apprécié les personnages, attachants, soigneusement étudiés, la construction parsemée des lettres qu’Ivan écrit à Léna, sans jamais les envoyer. J’ai lu avec intérêt les légendes racontées et notamment celle des coquelicots. J’ai suivi l’histoire de l’Ukraine, le banquet de Platon – souvenirs de ma jeunesse abreuvée de ce que l’on appelle « les lettres classiques », les histoires de Zenka, la grand-mère.

Ce roman est riche de plein de grandes et petites choses de la vie. Il nous dit sa différence « selon que vous serez puissant ou misérable », le courage des femmes et des hommes à se relever, la force de l’amour, et celle de la nature qui revit sur les ruines. C’est tout cela qui fait de ce roman un bonheur de lecture.

« A crier dans les ruines » est à mes yeux un premier roman très réussi, même si la fin, pourtant émouvante, délicieuse, féérique,  m’a semblé peu crédible.

Editeur : Aux Forges de Vulcain
Date de Parution : 23 Août 2018
Nombre de pages : 254

Ce livre a été lu dans le cadre de la sélection de l’association « Les 68 Premières Fois » – Rentrée littéraire 2019.

 

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