Chroniques Littéraires

Un certain M. Piekielny – François-Henri DESERABLE

Un certain M. Piekielny – François-Henri DESERABLE

Avis : ★★★★

Rentrée littéraire 2017

 

« Tu montreras ma tête au peuple », je ne l’ai pas lu. « Evariste », je ne l’ai pas lu non plus. Autrement dit, je ne connaissais pas François-Henri Désérable avant que Babelio ne me propose de découvrir son dernier roman « Un certain M. Piekielny » dans le cadre d’une masse critique privilégiée.

Je remercie vivement le site ainsi que les Editions Gallimard de m’avoir permis cette lecture en avant-première.

Le narrateur, qui est aussi l’auteur, se retrouve un jour à Vilnius en attente d’un train pour Minsk. Il tue ses quelques heures d’attente en visitant la ville. La découverte d’une plaque sur la façade d’un immeuble l’arrête. « L’écrivain…. Romain Gary a vécu de 1917 à 1923 dans cette maison… » Aussitôt une phrase lui revient en mémoire « Au n°16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait un certain M. Piekielny ». Cette phrase, il l’a lue dans « La promesse de l’aube » du célèbre écrivain. Démarre alors une enquête pour retrouver les traces de ce fameux M.Piekielny.

Le récit est riche, l’écriture belle, la composition fantasque

et une fois commencé j’ai eu du mal à ne pas aller au bout d’une seule traite. Oh ! d’accord, on peut reprocher à l’auteur de se mettre trop souvent en avant. C’est vrai, il parle beaucoup de lui. Il en vient même à s’inquiéter de l’intérêt de son prénom.  Rassurez-vous, Monsieur Désérable, votre prénom, de mon point de vue, est plutôt « classe ». François-Henri, franchement, c’est chic comme dit votre maman, ça pose un homme ! Bon, je fais comme l’auteur, je digresse. C’est vrai, on peut aussi lui reprocher de digresser. Par petits chapitres, certains même très petits, il nous fait voyager du coq à l’âne avec un art consommé du cliffhanger. Et nous nous retrouvons propulsés de Lituanie en Italie, en passant par la Maison blanche reçus par Kennedy, le Palais Fédéral de Berne ou encore celui de l’Elysée aux côtés du Général de Gaulle. Et pourtant…

Pourtant, François-Henri Désérable continue son enquête, et cette « souris triste » de Piekielny reste le fil rouge du roman. Mais il rend aussi un fervent hommage à Romain Gary. De cet auteur, je me souviens de quelques écrits, « La promesse de l’aube », « Clair de femme »… lus lorsque j’étais jeune. Je n’ai pas oublié non plus Emile Ajar, Paul Pawlovitch et cet embrouillamini lié au prix Goncourt attribué à « La vie devant soi ». François-Henri Désérable, lui, voue à l’écrivain né à Wilno, devenue Vilnius, une véritable admiration voire une vénération. Il la traduit parfaitement au fil des pages et tout aussi bien le côté biscornu de l’homme, toujours prompt au mensonge, ou tout au moins à une vérité revisitée. Il mélange Romain Gary et ses personnages, Gogol et son « Révizor », remue le tout et essaie de démêler la fiction de la réalité. C’est bien pour ça que la question se pose tout au long des 272 pages : qui est M. Piekielny ? Est-il réel ou juste fictionnel . Après tout, à chacun de se faire son idée et de savourer l’imagination infinie et l’humour partout présents. Au chapitre 41, notamment, il est fait allusion aux droits imprescriptibles du lecteur, décrétés par Daniel Pennac dans « Comme un roman » dont celui de lire n’importe où. La décence m’empêche de vous dévoiler dans quel endroit Roman Gary lut tout Gogol.. si c’est vrai…

Et même si parfois je me suis perdue dans les dédales de l’histoire, j’ai beaucoup apprécié ce roman à la fois biographique, autobiographique, anecdotique et même historique.

Editeur : Gallimard
Date de parution : 17 Août 2017
Nombre de pages : 272

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