Chroniques Littéraires

Qu’importe le chemin – Martine MAGNIN

Qu’importe le chemin – Martine MAGNIN

Avis : ★★★★

Martine Magnin m’a fait le plaisir de m’adresser son ouvrage « Qu’importe le chemin ». Martine écrit, mais Martine est aussi une lectrice et une amie membre de la même association de lecteurs que moi « Les 68 premières fois ». Rédiger une chronique de ses lectures n’est déjà pas simple. Dire ses ressentis n’est pas aisé et lorsque l’ouvrage n’a pas été apprécié, il est encore plus difficile de trouver les mots justes et sincères et surtout ne pas blesser celle ou celui qui les a écrits. Alors, à l’idée de devoir porter un jugement, un avis sur le récit d’une amie lectrice, mon « trac » était immense. Et si jamais je n’aimais pas ? Si cet écrit n’avait pas l’heur de m’émouvoir, de me toucher, de m’emporter ou tout simplement de me plaire ?

Mes craintes se sont envolées dès les premiers mots, les premières phrases, les premières pages. J’ai tout de suite compris qu’il s’agissait d’une histoire vraie, d’un vécu, d’un témoignage de vie. J’ai ouvert ce livre et ne l’ai pas refermé avant le point final, le cœur en miettes, les larmes au bord des yeux, les mains crispées. Il retrace la vie de son fils atteint d’une maladie, grave, qui s’avérera chronique, découverte alors qu’il avait huit ans. Mais du petit enfant « … fabriqué un jour de joie parfaite… tout doux et tout joli dans ses brassières en liberty. » il ne restera bientôt plus grand chose. Nous allons suivre le lourd supplice de sa vie d’hôpital en cellules de dégrisement, de commissariat en compartiments d’isolement. Car, lassé par les médications sans fin, les séjours hospitaliers, un beau jour, n’en pouvant plus de cette vie entre parenthèses, il envoie tout valser par-dessus les moulins.

« Alexandre ne se prêtait plus aux injonctions du nouveau médecin et refusait tout examen médical. »

Commence alors une dérive, entre drogues multiples et conduites à risques. Sans jamais baisser les bras, sa mère, mais aussi son père et sa sœur n’auront de cesse de se battre.

L’auteur décrit un véritable chemin de croix sans jamais basculer dans le pathos. Elle nous dit ses chagrins, sa peur, ses angoisses

« Il s’agissait brutalement de faire le deuil de l’insouciance, de basculer de la légèreté vers la gravité, de l’optimisme vers l’angoisse. Aucun autre choix ne s’offrait à nous. Un étau serrait ma poitrine, l’air venait à manquer. »

Les larmes sont présentes mais le sourire aussi. Pleine d’énergie, cette maman va se poser des questions, se culpabiliser « Dans mon cerveau déstabilisé, la culpabilité se combinait au sentiment d’injustice… », va s’attacher aussi à être présente pour Lola, petite sœur d’Alexandre.

J’ai aimé ce récit magnifique et magnifiquement écrit, d’une écriture fine et élégante. J’ai aimé la sincérité des propos, l’authenticité de l’analyse, la franchise des rapports. J’ai aimé l’enthousiasme de cette maman qui affleure toujours derrière l’angoisse et la tristesse, qui ne se pose jamais en mère parfaite mais réfléchit, s’interroge et avance. Chaque mère d’un enfant malade pourra se retrouver dans cette histoire et au plus profond du trou espérer, parce que :

« Une petite graine, puis une autre petite graine… si la terre est bonne et si on l’arrose !

On récolte toujours ce que l’on s’aime. »

Editeur : L’astre bleu
Date de parution : 11 Octobre 2016
Nombre de pages : 192

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