Chroniques Littéraires

Les parapluies d’Erik Satie – Stéphanie KALFON

Les parapluies d’Erik Satie – Stéphanie KALFON

Avis : ★★★★

“Les parapluies d’Erik Satie”, j’avoue que le titre du premier roman de Stéphanie Kalfon m’a beaucoup intriguée. De Satie, je connaissais certes les Gymnopédies… pas vraiment ma tasse de thé… mais je ne m’étais jamais particulièrement interrogée à son sujet… Pianiste et compositeur, musicien hors normes, ses sons décalés ne rentraient pas dans le style préféré de l’amateur de musique classique “classique” que je suis. Alors des parapluies !

A peine ouvert, pourtant, je me suis sentie propulsée dans son monde…dans un monde, car l’auteur ne se contente pas de relater sa vie, elle va beaucoup plus loin, narrant le climat dans lequel il évoluait, les personnalités qu’il côtoyait, le caractère si particulier qui fit de cet homme un musicien hors normes. J’ai apprécié, en effet, l’humanité avec laquelle elle parle de lui, l’artiste misérable, pour le moins ignoré, raillé, ridiculisé même, l’explique, lui rend hommage. Elle le dépeint merveilleusement dans son époque, au sein d’une société conformiste à laquelle il souhaite échapper. Réfractaire à tout ce qui était dicté par les bien-pensants, lui a voulu explorer d’autres rythmes, d’autres nuances de notes et fut donc incompris comme chaque précurseur. Il est vrai, je l’ai dit, que sa musique n’est pas d’un accès facile pour des néophytes, il faut s’y habituer, s’y adapter, s’en imprégner.

Stéphanie Kalfon nous raconte sa descente aux enfers, sa folie…

Signe extérieur de folie : Satie répète les mêmes motifs. Sans cesse il revient, revient, revient autour des mêmes choses…. Voilà comment il apparaît aux yeux des mondains. Aux yeux de ceux qui n’ont pas de sympathie envers la tristesse”.

Car il ne fait pas bon être différent des autres, insolite, inventeur, même si parfois, l’on n’en a pas moins raison à être seul à dire vrai.

J’ai trouvé le récit déroulé par Stéphanie Kalfon parfaitement adapté à la musique du pianiste. Syncopée, dérangée, l’écriture s’envole, se pose et bringuebale de descriptions en citations. Elle englobe dans ses propres mots, ceux du musicien, ses pensées, ses réflexions, ses notes, et le tout forme une sarabande à l’image des sons que j’écoute en lisant, car, oui, il fallait bien ça : se remémorer cette musique déglinguée, écoutée et restée mystérieuse, alors que je n’avais pas plus de vingt ans.

Le sujet est original et le texte très beau qui ravive le gris de la vie de Satie, lui donne de la brillance, et à moi l’envie de redécouvrir cet artiste méconnu de son vivant.

Editeur : J. Losfeld
Date de parution : 2 Février 2017
Nombre de pages : 140

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