Chroniques Littéraires

Ostwald – Thomas FLAHAUT

Ostwald – Thomas FLAHAUT

Avis : ★★★

Rentrée littéraire septembre 2017

Ce roman a été lu dans le cadre de l’association « Les 68 premières fois »

La dernière phrase lue, je referme le premier roman de Thomas Flahaut « Ostwald » et je reste là, sans bouger, sans parler, sans trop savoir ce que je fais là.

J’étais partie très loin.

Mon pessimisme quant à notre monde et son devenir a trouvé dans cette lecture un écho qui me laisse accablée.

Je suis impressionnée par la maîtrise avec laquelle un si jeune auteur traite de deux thèmes forts : l’un, bien réel, l’annonce de la fermeture de l’usine Alstom de Belfort dans laquelle travaillaient les parents des deux héros Noël, le narrateur, et son frère Félix et l’autre, d’anticipation, un accident à la centrale nucléaire de Fessenheim. Les deux frères sont alors évacués comme le reste de population.

Mais le récit de leurs tribulations à partir du camp de fortune dans lequel ils ont été emmenés est tout en noir et gris et sert de prétexte à une réflexion profonde sur un certain nombre de problèmes : sociaux, environnementaux. Et c’est cette noirceur qui m’a empêchée d’apprécier totalement le roman . Si j’ai admiré la qualité de l’écriture, dynamique, voire nerveuse, si je l’ai trouvée parfaitement adaptée au sujet, si j’ai accepté les phrases bancales « Je connais que l’autoroute par ici. » « Des étourneaux s’envolent. Le battement de leurs ailes, bruissements de feuilles. », je n’ai pas obligatoirement apprécié les relations ambiguës qu’entretiennent les deux frères avec une jeune fille, Marie – je n’ai pas su y trouver d’intérêt par rapport à l’ensemble de l’histoire – et surtout, surtout j’ai mal supporté la tristesse profonde, le délitement de la famille, la violence – réelle certainement – vécue dans le camp. Je n’y ai pas trouvé une once d’espoir, pas une couleur susceptible d’enluminer la vie. J’ai eu l’impression d’assister à la fin du monde, ou d’un monde peut-être.

En fait, je crois surtout que j’ai eu peur.

Les qualités, importantes, de la forme n’ont pas supplanté l’accablement que laisse planer le fond. Et, même si ce roman par les idées véhiculées, l’intérêt porté au monde ouvrier, les questionnements liés au nucléaire et à l’avenir de notre planète et de ses occupants, a un certain intérêt, j’aurais aimé être rassurée, juste rassurée, et que l’auteur nous dise : « non, finalement, la vie n’est pas aussi dramatique et le pire n’est jamais sûr. »

 

Editeur : Editions de l’Olivier
Date de parution : 24 Août 2017
Nombre de pages : 176

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