Chroniques Littéraires

Une longue impatience – Gaëlle JOSSE

Une longue impatience – Gaëlle JOSSE

Avis : Coup de foudre

Acheté dès sa sortie, je viens seulement de le lire et à la grande surprise de nombre de lecteurs j’imagine, c’est pour moi le premier roman de cette auteure. Pourquoi, ne suis-je pas allée plus tôt au-devant d’elle malgré les incitations récurrentes d’une amie ? Allez savoir ! Peut-être tout simplement retardais-je le moment, qui serait beau, j’en étais sûre. Alors, voilà, j’ai fini par sauter le pas, ouvrir le livre et là…

Gaëlle Josse, vous m’avez cueillie avec “Une longue impatience”.

Mais que pourrais-je dire de plus que tous les éloges aperçus çà et là ?

Dire que l’histoire d’Anne Quémeneur et de son fils Louis, un jour parti sans laisser ni trace, ni mot est de celle qui reste longtemps en mémoire ? Dire que cette histoire d’une mère qui, malgré ses deux autres enfants, ne peut plus vivre que d’attente est de celle que toute mère redoute ? Dire que chaque mot, chaque ligne apporte son lot de désespérance tout en retenue ? Dire qu’il s’agit là d’un cri d’amour maternel sans cesse réinventé ?

Anne Quémeneur est toutes les femmes à la fois.

Elle est la mère nourricière qui prépare en pensée le festin qu’elle donnera pour le retour de Louis. Elle est celle qui chaque jour scrute l’horizon dans l’espoir de distinguer le bateau qui le lui ramènera. Mais elle est aussi, cette femme fière, cette femme simple, cette femme de marin qu’elle fut dans une autre vie. Elle est entrée dans la vie d’un autre homme, un homme de condition supérieure, sans se renier ni rejeter ses valeurs.

Ce roman est un hymne à la femme, poignant, bouleversant, un cantique de louanges à la mère, c’est un chant funèbre délicat et pudique. C’est aussi une histoire de belle écriture, une véritable dentelle, un lacis de mots qui se donnent la main, s’entremêlent et forment une danse certes macabre, mais d’une beauté indicible. “Depuis, ce sont des jours blancs. Des jours d’attente et de peur, des jours de vie suspendue, de respiration suspendue, à aller et venir, à faire cent fois les mêmes pas, les mêmes gestes…” Pas un mot ne manque, pas un n’est de trop, tous justement choisis. Et ils composent une musique qui m’a envoûtée.

Je viens de découvrir une merveille, un bijou ciselé, une perle.

Je souhaite également saluer la très belle couverture dans les tons sépia, aussi poétique que la langue de l’auteure.

 

Editeur : NOIR sur BLANC (collection Notabilia)
Date de Parution : 4 Janvier 2018
Nombre de pages : 176

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