Chroniques Littéraires

Etta et Otto (et Russell et James) – Emma Hooper

Etta et Otto (et Russell et James) – Emma Hooper

Avis : ★★★★

 

C’est Annabelle, de la Librairie Maupetit à Marseille qui a choisi pour moi, dans le cadre de mon abonnement à La Kube, « Etta et Otto (et Russell et James) » d’Emma Hooper. Merci infiniment à tous les acteurs de ce choix.

C’est un très joli roman.

Etta a 83 ans et n’a jamais vu la mer. Un jour, elle quitte le Saskatchewan, sa province natale, sa maison, son mari et ses amis pour faire à pied le périple qui la mènera au bout de son rêve. Et ce n’est pas rien, pas moins de 3000 km – voire plus – à travers le Canada, vers l’Est. Si son mari Otto comprend et la laisse partir, Russell, leur voisin, amoureux d’elle depuis toujours prend un jour son pick up et part à sa recherche.

Un très joli roman, oui, où tout est raconté sur le fil.

La langue est belle, poétique, mesurée, délicate. Le récit, entre jeunesse et vieillesse, mémoire et oubli, présent et passé, se mélange au fil des pages. Il faut suivre – ou pas – pour savoir parfois où l’on est, s’il s’agit de rêve ou de réalité. Nous nous retrouvons vite dans un genre de conte initiatique. Cette marche d’Etta, presque le symbole d’un pays qui petit à petit s’attache à ses pas, lui permet de repenser à sa vie, son amour pour Otto, sa sœur Alma disparue trop vite, son voisin Russell. Et lorsqu’elle rencontre un coyote – James – et qu’ils commencent à converser, on se retrouve dans une autre dimension. Emma n’est certes pas le Petit Prince, mais elle pourrait être sa grand-mère.

S’il m’a fallu parfois un temps de réflexion pour comprendre où j’en étais exactement, pour savoir s’il était question de maintenant ou d’avant, d’Etta ou d’une autre, j’ai beaucoup aimé la délicatesse avec laquelle l’auteur aborde la maladie et la vieillesse. J’ai aimé cette tendresse présente derrière chaque mot pour son héroïne, mais aussi tous ses autres personnages. L’humour, en embuscade aussi qui attribue un numéro à chacun des enfants de la famille d’Otto « … il était ainsi plus facile de les suivre. Marie-1, Clara-2… Otto-7… », côtoie le chagrin et la tristesse « … « tandis que Russel transportait pour la douzième fois le pichet si froid serré contre son estomac et sa poitrine, qui le brûlait presque, le père de Russell céda et mourut. » L’émotion affleure à chaque page et délivre un message tout en nuances.

Un message de générosité et d’empathie, un message d’amour et d’affection, un message d’indulgence et de mansuétude.

 

Ce roman est d’abord paru aux Editions Les Escales le 22 Octobre 2015.

 

Editeur : Pocket
Date de parution : 1er Octobre 2016
Nombre de pages : 349

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